Doux comme le soupir de l’enfant qui sommeille,
Un son vague et plaintif se répand dans les airs :
Est-ce un écho du ciel qui charme notre oreille ?
Est-ce un soupir d’amour de la terre et des mers ?

Il s’élève, il retombe, il renaît, il expire,
Comme un cœur oppressé d’un poids de volupté ;
Il semble qu’en ces nuits la nature respire,
Et se plaint comme nous de sa félicité.

Mortel, ouvre ton âme à ces torrents de vie :
Reçois par tous les sens les charmes de la nuit :
À t’enivrer d’amour son ombre te convie ;
Son astre dans le ciel se lève et te conduit.

Vois-tu ce feu lointain trembler sur la colline ?
Par la main de l’amour c’est un phare allumé ;
Là, comme un lys penché, l’amante qui s’incline
Prête une oreille avide aux pas du bien-aimé.

La beauté, dans le songe où son âme s’égare,
Soulève un œil d’azur qui réfléchit les cieux,
Et ses doigts au hasard errant sur sa guitare
Jettent aux vents du soir des sons mystérieux.

Lamartine, Méditations Poétiques.

(*) Golfe de Naples.

Posted in

Laisser un commentaire